Chirurgie de la main – Les autres types d’urgences

INFECTIONS

Les infections superficielles de la main, bénignes, se traitent par de simples soins locaux.

En cas d’échec, il est probable que le foyer infectieux soit plus profond que ne le laisse suspecter l’examen clinique initial. En cas de doute, un avis chirurgical est nécessaire avant toute prescription d’une antibiothérapie par voie orale.

En effet, il existe une multiplicité de germes possibles et de nombreuses résistances. Des prélèvements bactériologiques pré thérapeutiques avec la réalisation d’un lavage du foyer infectieux sont bien souvent les meilleurs garants d’une guérison complète sans risque de récidive.

Tous les problèmes infectieux de la main et du poignet sont pris en charge dans notre service, depuis le simple panaris jusqu’à l’infection ostéoarticulaire profonde.

Lorsqu’une décision d’antibiothérapie doit être prise, celle-ci se fait toujours en collaboration avec l’infectiologue référent de l’établissement.

Abcès

Phlegmon

Panaris

LES URGENCES ULTRA SPÉCIALISÉES

Injections sous pression : doivent être considérées comme des infections profondes sévères et faire l’objet d’un débridement + lavage chirurgical en urgence, le jour même de l’accident.

Brûlures : toute brûlure étendue de la main à partir du 2e degré (profond) doit être adressée au service des grands brûlés le plus proche c’est-à-dire au CHU Bordeaux Pellegrin.

LES TRAUMATISMES FERMÉS

Entorses et luxations

Elles concernent le plus souvent l’articulation interphalangienne proximale (IPP) des doigts longs.

Il s’agit de traumatismes d’apparence bénigne. Il ne faut pas hésiter à demander un avis spécialisé.

En effet, mal prise en charge, la raideur séquellaire n’est pas rare et son traitement secondaire difficile.

Dans le cas d’une luxation, l’axe du doigt est perdu. Une fois l’articulation réduite, l’aspect clinique est identique à celui d’une entorse avec une articulation gonflée aux amplitudes articulaires limitées.

Même en cas d’entorse simple, une radiographie est recommandée.

Cet examen permet de mettre en évidence une éventuelle fracture associée.

À noter que l’arrachement de la face palmaire de la base de P2 est fréquente et correspond à une entorse avec arrachement de la plaque palmaire.

Toutefois, si ce fragment est très volumineux, il s’agit alors d’une fracture et le traitement est différent de celui de l’entorse.

Pour une entorse le traitement n’est jamais chirurgical en urgence. L’objectif est la mobilisation rapide de l’articulation pour éviter la raideur. En cas de douleurs importantes, l’IPP peut être immobilisée pour une dizaine de jours en extension avant la consultation spécialisée et le début de la rééducation.

Attention Jersey finger

Ce cousin du mallet finger est beaucoup moins fréquent.

Néanmoins il s’agit d’une lésion grave nécessitant une prise en charge chirurgicale en urgence.

Cette lésion, encore appelée rugby finger, correspond à l’arrachement du fléchisseur profond de la base de P3. Le mécanisme est une extension forcée sur un doigt fléchi en crochet.

À l’examen clinique le doigt peut être œdématié avec éventuellement un hématome à la face palmaire de l’articulation interphalangienne distale. La mobilité en flexion des articulations métacarpo-phalangienne et interphalangienne proximale sont conservées. Le diagnostic est difficile puisque seule la flexion active de l’articulation interphalangienne distale est absente.
Son traitement est le même que celui d’une section d’un tendon fléchisseur. La chirurgie doit se faire, si possible, dans les 48 premières heures. En cas de retard de prise en charge, la suture directe peut être impossible, nécessitant des chirurgies de reconstruction tendineuse très complexes pouvant s’étaler sur plus de six mois.