Rhinoplastie ultrasonique conservatrice

> LA RHINOPLASTIE SE MODERNISE, ENFIN !

 

Rhinomodelage par piezotome

Un peu d’histoire

 

L’histoire de la rhinoplastie esthétique est passionnante. Elle illustre de façon magistrale les progrès de la chirurgie plastique ces dernières années. Elle commence dès le IIIe millénaire avant JC où Imhotep décrit dans un papyrus long de cinq mètres pas moins de 27 interventions sur le nez (blessures, fractures, déviations…). L’histoire de la rhinoplastie s’est accélérée en 1887 avec l’avènement de l’anesthésie et de l’antisepsie. Les chirurgiens allemands et américains tels que Roe (1887), Joseph (1898), Rethi (1929), Aufricht (1945) ont procédé à l’élaboration de la rhinoplastie moderne.
Les instruments utilisés dans les techniques de rhinoplastie classique datent d’ailleurs de cette période…
Les techniques chirurgicales ont progressé avec les techniques extra-muqueuses dans les années 1970 et les techniques de Aiach dans les années 1990 et Gola dans les années 2000.
Les évolutions techniques étaient paradoxalement bridées par des instruments archaïques. Les rhinoplasties « classiques » permettaient néanmoins des résultats satisfaisants.
Mais leur apprentissage était difficile. Il existait de nombreux ouvrages, tous plus complexes les uns que les autres. Malgré cela, l’aléa restait encore trop important avec des nez au « surgical look » trop évident, des collapsus narinaires, des traits de refends sur nez multiopérés, des nez ensellés, des syndromes du toit ouvert, des syndromes d’hyper-réactivité muqueuse etc. Les reprises chirurgicales étant trop importantes (autour de 30% selon les séries…), il était nécessaire d’améliorer la technique. Depuis 3 ans, une technique innovante s’est développée grâce à un nouvel instrument…

De l’utilisation d’un Piezotome

 

Cet appareil permet la section de l’os tout en respectant les tissus mous, à savoir la muqueuse nasale et le cartilage. Il est développé par un laboratoire bordelais, ACTEON. Le principe est de faire vibrer une partie métallique (insert) à une fréquence ultrasonique. Le piézotome, relié à un système d’irrigation, va disperser les molécules d’eau par vaporisation en un fin brouillard. Les gouttelettes d’eau sont emplies de bulles de vapeur instables, prêtent à imploser.
Par effet de souffle, elles coupent les tissus durs et respectent les tissus mous. C’est la section sélective. Le champ opératoire est donc exsangue et sans débris. Cela permet une section ultraprécise de l’os, évite tout trait de refend osseux et respecte la muqueuse nasale ainsi que les cartilages.
Le temps osseux est donc largement simplifié et sécurisé grâce à l’utilisation du piezotome.

Rhinoplastie ultrasonique conservatrice

Après des travaux au laboratoire d’anatomie du CHU de Bordeaux, pour conforter les premières publications concernant l’utilisation du piezotome en chirurgie du nez, nous avons pu effectuer les premiers rhinomodelages d’impaction ultrasonique de préservation avec un piezotome. La consultation aidée par la simulation 3D (Vectra3D X3) permet un planning chirurgical optimal pour cette technique. La Polyclinique Bordeaux Rive Droite a tout de suite été intéressée par cette évolution technique et a mis à disposition le matériel. Les résultats ont tout de suite été concluants. Le geste technique est précis et respectueux des tissus mous.
Le saignement est moins important et les patients ont très peu d’ecchymoses, peu d’œdème et plus de douleurs. L’os n’est plus enlevé, il est conservé, sculpté, modelé. Le nez est très stable en post-opératoire. Le méchage est de 24h quand il n’y a pas de septoplastie importante. Une attelle en silicone ultrafine est mise en place pendant 6 jours.
Les tissus sont souples en 3 semaines (versus 6 mois). Les premiers résultats sont visibles très rapidement même si l’évolution du nez s’effectue dans l’année. Le taux de reprise chirurgicale est faible. Aucune reprise sous anesthésie générale n’a été effectuée depuis que cette technique est utilisée.

 

 

Conclusion
Cette technique n’est utilisée que par quelques chirurgiens français et étrangers. Elle est amenée à devenir un gold standard dans les années à venir. Dans notre pratique, le retour en arrière paraît impossible tant les résultats sont concluants. La plupart des effets secondaires ou complications classiques ont quasiment été supprimés.

 

Dr Guillaume DROSSARD
Chirurgien Plasticien