RAAC après une césarienne

Dossier Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (RAAC)

La césarienne, même lorsqu’elle est réalisée de façon programmée en dehors de tout contexte d’urgence, est une intervention éprouvante pour la mère. Sans même tenir compte du stress que peut occasionner ce mode de naissance, la période post-opératoire peut s’accompagner de douleurs particulièrement invalidantes. Certaines études les ont mesurées à des niveaux comparables à la douleur suivant une fracture diaphysaire du fémur, avec des taux élevés d’évolution vers des algies persistantes(1).

Or, la période qui suit la césarienne est également un moment d’intense sollicitation psycho-affective et motrice pour la mère, qui doit à la fois assurer sa propre convalescence et être à même de s’investir de façon efficace et agréable dans sa relation à l’enfant nouveau-né.

 

Nous avons donc cherché à mettre en place, en nous inspirant des avancées récentes en réhabilitation post-chirurgicale, une prise en charge après césarienne assurant à la mère de la façon la plus post possible un confort optimal et une meilleure autonomie.

Nous avons également tenu compte des particularités pharmacologiques de la période, notamment en cas d’allaitement maternel, en nous aidant des informations colligées par le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT).

 

Après une réflexion menée conjointement avec les obstétriciens et les sages-femmes, nous avons donc pu proposer un schéma de soins novateur reposant sur trois axes :

  • En période per-opératoire, une gestion optimisée des techniques d’anesthésie locorégionale et d’infiltration pariétale, et l’emploi d’agents ocytociques en administration unique.
  • En post-opératoire, une réhabilitation rapide, permettant dans les six heures suivant le retour du bloc une reprise des boissons et de l’alimentation, l’ablation de la perfusion ainsi que le retrait de la sonde vésicale (grâce aux nouvelles possibilités de surveillance ultrasonore).
  • Un protocole médicamenteux associant une analgésie multimodale administrée très rapidement par voie orale (antalgiques des paliers 1 à 3 selon les critères d’évaluation de la douleur), une prévention de la maladie thromboembolique veineuse et une prise en charge des complications post-opératoires les plus fréquentes (nausées et vomissements, anémie)…

 

La mobilisation des équipes soignantes a permis une rapide mise en œuvre de cette stratégie, avec un fort taux de satisfaction parmi les patientes qui en ont bénéficié. Nous espérons donc avoir permis à la fois un plus grand confort et un meilleur vécu lors de cette période capitale pour la relation de la mère à son enfant.

Dr BANCHEREAU François
Anesthésiste

(1) Richez B et al. The Role of Psychological Factors in Persistent Pain after Cesarean Delivery.
The Journal of Pain 2015, 16 : 1136-1146